Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 10:53

Mardi 2 août 2011

Courville-sur-Eure – Bellême – 82 km – 5h50 – 13.75 km/h – 58 km/h maxi

                              

Comme un professeur passionné par son sujet, Dominique commente inlassablement ce qui pousse dans les parcelles. Nous traversons aujourd’hui le nord de la Beauce et, dans ce paysage typique de grandes cultures, peu de haies arrêtent nos regards. Il est surpris de voir que tous les blés n’ont pas encore été récoltés. Et ravis de constater que les champs de luzerne ne sont plus des exceptions. Il m’explique que cette bonne vieille plante, cultivée naguère par nos anciens, mais négligée depuis, offre pourtant beaucoup d’avantages comme un rendement en protéines très élevé, le pouvoir de fixer l’azote et donc de se passer d’engrais, une bonne résistance à la sécheresse…

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Il est à peu près incollable, sauf une fois où il s’arrête brusquement, saute du vélo et grimpe sur le talus pour aller y voir de plus près. Les plants, courts et de la couleur du blé mûr, portent une graine de la taille d’une petite bille. Il en fait une petite provision avant de reprendre la route. A l’heure où j’écris, le mystère reste entier !

 

Nous quittons bientôt la Beauce pour entrer dans le Perche. La route nous emmène parfois dans les bois et, à l’heure du déjeuner, une cabane s’offre à nous dans une petite clairière. Portes et fenêtres ont disparu et seuls subsistent une table de bois mal équarri et quelques rondins en guise de tabourets. De l’autre côté de la route, une haie cache une maison. Une dame sort ses poubelles. Nous lui demandons si nous pouvons occuper la cabane. Elle nous répond par l’affirmative comme si elle nous accordait une permission. Nous sommes surpris, car la hutte est ouverte à tous vents et ne semble pas entretenue. Le sol et le « mobilier » sont jonchés de sciure. Dominique couvre la table de notre bâche qui fera office de nappe et nous mangeons à l’abri. Le ciel est bien gris et nous craignons l’averse.

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C’est au moment de repartir que, levant les yeux, je découvre, ahurie, une grande cabane perchée dans le chêne qui nous fait face. De construction soignée, c’est une grande chambre attenante à une terrasse bordée d’un parapet. Les ouvertures sont découpées en forme de feuilles de chêne. Un panier pend à mi hauteur au bout de sa corde. Aucun moyen d’accès. Nous quittons les lieux, intrigués. L’explication est au carrefour, 50 m plus loin. Nous sommes à Bois Landry, domaine forestier qui accueille touristes et séminaires dans des cabanes perchées dans des arbres au bord d’un étang. Séjours de rêve et de luxe pour des vacanciers qui possèdent d’autres moyens que nous !

 

En abandonnant la Beauce pour le Perche, nous laissons les grandes étendues ondoyantes pour les rivières encaissées et les bosquets pleins de mystères, les cultures à perte de vue pour les pâtures bordées de haies, les céréales pour les animaux. Mais si nous avons l’occasion de voir de nombreux chevaux, pas un seul n’est percheron !

 

Nous faisons nos courses à Nogent-le-Rotrou. Je garde le vélo sur la place centrale pendant que Dominique va compléter notre ravitaillement. Ce moment est souvent l’occasion d’observer la population et, une fois de plus, je note les écarts d’une ville à l’autre, d’une région à l’autre. La place est équipée d’une supérette et d’un hard discounter. Les gens viennent en famille faire leurs courses, direction le moins cher, ou supposé. Les conversations vont bon train et chacun sur la place peut profiter d’une tranche de vie dispersée sans mystère. Il y a un monde entre cette animation bruyante et l’ambiance presque feutrée de Rambouillet !

 

Dominique revient avec l’adresse d’un marchand de vélos car nous devons remplacer une attache rapide de roue. Décidément, nous n’aurons jamais été épargnés par les pannes ! Il pourra peut-être nous renseigner au sujet de la voie verte qui a remplacé l’ancienne voie ferrée en direction de l’ouest. Nous apprenons là que cette voie démarre à Condé-sur-Huisne, à l’opposé de notre direction. Le commerçant nous déconseille vivement la départementale qui mène directement à Bellême, suicidaire, et même pas plate. Nous avions envisagé d’emprunter des petites routes la contournant par le sud mais Dominique compte 5 rivières à franchir, et donc autant de dénivelés… Avec l’impression de dépenser inutilement notre énergie, nous optons pour la direction du nord-est afin de regagner la voie verte au plus près, en priant pour qu’elle soit carrossable pour notre lourd engin. Après 5km à flirter avec de nombreux camions, c’est l’instant de vérité… Nous poussons un soupir de soulagement, la piste récente est plate et bien entretenue. Nous n’allons pas pédaler dans la semoule ! Il faut juste bien négocier les chicanes, spécialité bien française des pistes cyclables ! Dominique est passé maître dans cet art.

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Histoire de ne pas nous enferrer dans nos habitudes, Dominique me propose d’essayer à mon tour le vélo de tête. J’hésite car j’ai pris goût à ma place de copilote et j’apprécie souvent d’avoir les mains libres. J’accepte cependant, consciente que le ronronnement n’est pas propice à une grande ouverture d’esprit !

Le vélo est réglé pour les longues jambes de Dominique et je dois presque m’allonger pour atteindre les pédales. Mais une fois la position trouvée, je ressens une plus grande liberté. Même si l’écart entre les vélos est large et que la position de second ne m’a jamais gênée pour observer les alentours, je dois reconnaître que la vue bien dégagée offre un grand confort de vision. La position exige cependant une grande vigilance, surtout sur ce genre de terrain. Il s’agit d’éviter les petits obstacles qui parsèment la chaussée, de croiser les autres usagers en faisant les écarts suffisants, et surtout, d’aborder les chicanes en choisissant le rayon le plus large possible afin que tout l’attelage passe l’obstacle sans coincer. Dominique, quant à lui, ne se déplaît pas à l’arrière. Avec ma position presque horizontale, il peut sans problème voir le chemin par-dessus ma tête !

 

Nous quittons la piste à Boissy-Maugis et je reprends ma place sur le vélo rouge. Nous choisissons la petite route qui longe la rivière en espérant du terrain plus plat mais nous nous en écartons souvent pour attaquer les coteaux abrupts, montées raides suivies de descentes rapides. La départementale que nous rejoignons après une dernière grimpette nous offre un terrain moins accidenté et nous emmène jusqu’à Bellême.

 

En traversant cet ancien site défensif, la route surplombe une vallée ouverte vers le sud. Mais ça, ce sera pour demain !


Par drouault
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 11:37

Lundi 1er août 2011

Guyancourt – Courville-sur-Eure – 94 km – 6h27 – 13.38 km/h – 66.3 km/h maxi

 

C’est aujourd’hui que les choses sérieuses recommencent. Une vraie étape nous attend. Nous ne démarrons pourtant pas très tôt, je ne suis pas si pressée de quitter le confort !

 

Arnaud nous a indiqué la meilleure piste pour quitter Guyancourt et il s’avère en effet que nous ne serons pas inquiétés par la circulation. Il faut reconnaître que la saison est propice, la population urbaine ayant émigré pour les vacances.

 

Nous laissons la ville derrière nous pour entrer dans les forêts de la vallée de Chevreuse. Nous ressentons vivement le relief accidenté dans nos articulations encore raides après cette mise en jambe toute récente.

 

Notre route suit des voies secondaires, rencontrant de temps à autres de belles et grandes maisons à demi cachées parmi les arbres. Quel contraste avec les quartiers que nous avions traversés l’an dernier à notre entrée dans Paris le long du canal de l’Ourcq ! Ici, tout parait calme et tranquille. Rien ne semble bouger, comme si la vie s’était mise en sommeil. De nombreuses propriétés semblent vides. Toutes sont très protégées, par des murs de pierre ou de béton, de hautes grilles, des portails bien fermés… C’est une autre France que nous traversons et qui ne nous parait pas très accueillante.

A Rambouillet, où nous faisons une halte pour le ravitaillement, même les deux sans-abris qui tendent la main devant la supérette paraissent d’une autre classe que ceux rencontrés dans Paris ! Comme si chacun, et même les plus humbles, devait s’adapter au standing en vigueur pour avoir le droit de cité.

 

C’est dans le parc national de Rambouillet que nous déjeunons à l’ombre des grands arbres. Nous reprenons notre route après une courte sieste.

Passant par Epernon et Maintenon, c’est un peu l’histoire de France qui se déroule sous nos roues. Nous nous accordons une courte halte devant les grilles du château où Madame de Maintenon séjourna un temps durant sa relation avec Louis XIV.

 

Le temps de reprendre un peu de carburant (notre ration de crêpes), nous consultons nos cartes. Au lieu de la départementale qui file droit vers Chartres, nous choisissons une petite route qui suit la vallée de l’Eure en traversant de minuscules villages. Nous avons prévu de passer au nord de Chartres afin de respecter au maximum notre azimut mais nous ne voyons aucun camping dans les villages traversés. A la mairie de Lèves, on nous indique un camping à Courville-sur-Eure, notre prochain village sur la route. Il ne reste qu’un peu plus de 20 km mais le terrain est loin d’être plat et c’est bien fatigués que nous arrivons à l’étape.


Par drouault
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Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 14:49

Dimanche 31 juillet 2011

Paris – Guyancourt - 34 km

 

Arrivés hier soir dans ma famille parisienne, nous nous offrons une journée de tourisme avant de reprendre notre route de retour. Le GPS ne nous a jamais aussi bien servi qu’en ville. Nous le programmons pour le vélo et nous voilà partis avec notre tandem en direction des Champs Elysées. Trois courageux ont accepté de passer cette journée avec nous et ils nous rejoignent bientôt en vélib’.

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Mon neveu Nathan est d’accord pour tester la place du copilote sur le tandem et j’emprunte son vélo. C’est avec beaucoup de plaisir que nous remontons les Champs Elysées sous le soleil. Nous avons l’impression de prendre une petite revanche sur le mauvais sort qui nous a accablés il y a un an, quand le cadre de notre vélo de tête s’est cassé, stoppant brutalement notre aventure.


Comme l’an dernier, le mois d’août a vidé les rues parisiennes de sa dangereuse effervescence. Nous passons la place de la Concorde comme nous traverserions la place centrale de Mayenne ! Dominique nous emmène par des rues détournées jusqu’au pied de la Tour Eiffel où nous voulons nous offrir un petit plaisir : y planter notre tente !

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Dominique n’a pas perdu la main. Aidé de notre fils Sébastien, il plante rapidement le double toit. Nous n’avons pas l’intention de monter la chambre dessous, cela prendrait un temps inutile. Et c’est parti pour une séance de photos quand, tout à coup, ma sœur me fait une frayeur en s’écriant : « un gorille arrive ! » Je pense immédiatement à la maréchaussée qui pourrait bien voir notre initiative d’un mauvais œil. Je n’ai pas le temps de me retourner que le gorille est devant moi, battant sa poitrine velue de ses poings fermés, comme un gorille, quoi !

 

Mais le regard est malicieux et le costume légèrement trop grand pour sa propriétaire qui me fait signe qu’elle veut entrer avec nous sous la toile, pour la photo ! Nous nous exécutons avec entrain, c’est jour de fête !

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Le ciel est sans nuage et elle doit étouffer de chaleur sous son déguisement. Nous lui accordons bien volontiers les quelques pièces qu’elle nous réclame ensuite de sa main tendue avant de nous quitter pour continuer son « travail ». Elles sont deux à parcourir ainsi le Champ de Mars, naviguant d’un groupe à l’autre.


Nous poursuivons notre promenade par le Louvre et le parvis de l’Hôtel de Ville en nous frayant un passage parmi les nombreux touristes, heureux comme nous de profiter du beau temps enfin revenu. Partout, notre attelage suscite la curiosité et je trouve amusant d’observer depuis mon vélib’ les regards surpris que jettent les piétons sur le tandem.

Dans le quartier des Halles, nous faisons halte près d’un  marchand de crêpes ambulant. Pendant que Dominique attend sa commande, un homme s’approche des vélos. Il veut savoir d’où nous arrivons. Je lui explique en quelques mots notre voyage et, lorsqu’il a compris que nous venons de la Mayenne, il me demande si je connais Jean Arthuis, notre sénateur qui est aussi le président de la Commission des finances du Sénat. Mais il n’attend pas de réponse et se lance dans le panégyrique d’une politique où le contrôle comptable serait la solution à tous nos problèmes économiques. Finalement, notre vélo lui aura servi de prétexte pour trouver un auditoire ! Mais je n’ai pas envie de débattre avec quelqu’un que je ne connais pas. Je le remercie poliment pour l’intérêt qu’il a accordé à notre tandem et je rejoins Dominique qui nous apporte les crêpes du goûter.

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Notre dernière visite sera pour la cathédrale Notre-Dame où Nathan me rend ma place sur le tandem. Nous avons un peu de retard sur notre horaire et nous faisons là nos adieux. Nous sommes attendus à Guyancourt ce soir chez la cousine de Dominique et il nous reste 34 km à parcourir.


Pour sortir de Paris, le GPS nous indique une route très sud alors que Dominique voudrait suivre la Seine jusqu’à sa boucle sud-ouest. Nous éteignons donc notre appareil et prenons la rive gauche du fleuve. Devant les bouquinistes, nous sommes soudains rejoints par un engin surprenant, vélo aussi bas que le nôtre, mais tout caréné de blanc. C’est un vélo couché de la marque hollandaise Velomobiel qui ressemble furieusement à une petite voiture de course. Le cycliste, aussi curieux que nous, roule un moment à notre hauteur, le temps de nous questionner sur notre équipement et notre voyage. Lorsqu’il sait qu’il pourra nous retrouver sur Internet, il prend congé et file devant, bien plus rapide que notre lourde monture.


A l’approche de Meudon, nous quittons la Seine avant qu’elle ne s’infléchisse vers le nord. Le GPS reprend du service car il est bien sûr hors de question de suivre les itinéraires indiqués pour les voitures ! Mais l’appareil s’éteint soudain, à bout de souffle, et il faut le brancher sur la batterie tampon que Dominique a chargée à bloc avant de quitter la maison. Pour quelques jours, nous avons choisi de rouler léger et les panneaux solaires ne sont pas du voyage. Il faudra cependant nous arrêter plusieurs fois pour rebrancher la broche qui ne tient pas, ou simplement rallumer la batterie qui s’éteint automatiquement car la consommation du GPS est si faible que les accus réagissent comme s’il était déjà rechargé !


Nous comprenons vite que le bassin parisien est loin d’être plat. La Seine y a creusé un profond sillon et lorsque notre route s’en éloigne, elle se met à grimper sévèrement. De Guyancourt, Claire et Arnaud prennent de nos nouvelles par texto. Arnaud, cycliste à ses heures,  nous indique un itinéraire par Versailles et St Cyr. Le GPS est d’accord, ce qui va rendre plus facile mon rôle de copilote ! Nous remontons presque en solitaires l’avenue de Paris en direction du château de Versailles et c’est grisant. Entre St Cyr et St Quentin, un photographe à vélo nous guette, stationné en haut d’une rude côte, son appareil braqué sur nous. J’ai à peine le temps de me demander d’où il sort que l’appareil photo disparait, découvrant le large sourire d’Arnaud, venu à notre rencontre. Il part devant, nous montrant le chemin. Il est vite surpris de notre petite vitesse dans les montées, mais nous sauvons notre honneur dans les descentes et sur le plat. Il est vrai aussi que nous démarrons sans entraînement et que nous venons de gravir quelques raides montées.


Il est presque 21h à notre arrivée. Claire nous attend et la table est déjà servie. C’est toujours un égal bonheur pour moi de nous savoir attendus. Nous connaissons aussi la cuisine raffinée de Claire et Arnaud et la douche est vite expédiée !

Nous ne planterons pas la tente ce soir. Un vrai lit nous attend et nous ne prolongeons pas la soirée. La reprise de contact avec le vélo a fait son œuvre et nos jambes sont pressées de se mettre au repos.


Par drouault
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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 11:42

Juillet 2011

 

Comme nous disposons de quelques jours de vacances en commun, nous allons terminer ce que nous avions laissé en plan sur les Champs Elysée il y a presque un an !
Nous nous donnons 4 ou 5 jours pour faire Paris-Bais tranquillement en commençant par une visite de Paris à petite vitesse.

 

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Hier, avant de partir, Dominique a passé sa soirée à préparer les vélos.     

 

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Et aujourd’hui, c’est en TER que ces derniers vont retrouver Paris pour le nouveau départ demain.
 

Par drouault
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 18:57

Septembre 2010...

 

Un voyage est-il jamais terminé ? En tout cas, le voyage intérieur se poursuit encore longtemps.


Outre le challenge sportif et la découverte de paysages exceptionnels, ce voyage de près de 7000 km, nous a permis de remettre en cause nombre d'a priori, jusque dans notre propre pays.

Nous avons ainsi pu voir que les paysages agricoles étaient modelés différemment d'un pays à l'autre, voire d'une région à l'autre à l'intérieur d'un même pays, comme par exemple dans les Lander allemands, preuve s’il en était besoin que la politique joue un rôle essentiel dans le devenir de nos campagnes. Nous avons par exemple trouvé une vitalité surprenante dans le grand nord, nous qui pensions que le cercle polaire annoncerait des zones désertiques. Bien au delà de cette ligne symbolique, l'agriculture est encore bien développée et l'habitat, même s'il est dispersé, reste présent jusqu'au Cap Nord. Plus près de nous, dans toute l'Allemagne du nord, les villages restent bien vivants, le commerce de proximité encore en activité, et les villages, même les plus petits, ont encore leur Bäckerei (boulangerie). Est-ce parce que nous n’avons pas vu, comme en France, d’hypermarchés démesurés ?
D’ailleurs, la France, partout si riche de sites historiques et de paysages naturels exceptionnels, nous a beaucoup surpris lorsque nous avons dû bivouaquer faute de camping alors que nous avions imaginé être confrontés à ce problème dans le grand nord ! En revanche, la traversée du Danemark nous a paru bien monotone, entre colza en fleur et blé en herbe, sans un village pour rompre cette uniformité, comme si la campagne danoise s'était vidée de ses habitants. Et pourtant, selon l'avis des experts agricoles Européens, ce serait l'exemple à suivre, une nécessaire restructuration afin de rester compétitif. Mais à l’avantage de qui, si la population agricole doit se réduire à une poignée ?

Prendre ainsi la « température » des pays traversés a été possible grâce à l’allure réduite de notre tandem. Mais ce fut l'occasion de confirmer malheureusement le retard incroyable de la France en matière de transport. En particulier les infrastructures sont quasi inexistantes pour le vélo. Partout dans les autres pays européens traversés, les cyclistes peuvent circuler en sécurité, soit sur des pistes cyclables adaptées le long des voies à grande circulation, y compris des autoroutes, soit sur les routes elles-mêmes car les automobilistes habitués à partager la route avec des cyclistes sont bien plus attentifs et, par conséquent, plus respectueux.
En France, on semble considérer que le vélo n'est pas un vrai moyen de transport et les rares pistes rencontrées sont, soit aménagées uniquement pour la promenade et peu roulantes, soit tracées en « pointillés » c'est à dire souvent interrompues, ce qui n'offre pas la sécurité nécessaire, en particulier pour les enfants. En Allemagne et en Norvège, il en va tout autrement et nous avons vu de nombreux abribus équipés de parkings à vélo souvent pleins, témoins du bon fonctionnement de ce système mixte alliant le vélo et le transport en commun. Toujours en matière de transport français, nous avons eu la surprise de croiser de nombreux chantiers d’autoroutes, mais pas une nouvelle voie ferrée... Pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, le Grenelle de l’environnement ne préconisait-il pas justement le contraire ?

Nous garderons de ce voyage le souvenir émerveillé des fjords scandinaves, quelques 2000 km de paysage côtier sans cesse renouvelé de montagnes plongeant dans la mer, des villages d'Allemagne du nord, à l'architecture si typique, des canaux belges au rythme tranquille, des jardins hollandais éclatant de fantaisie, de la campagne française qui, en l’espace de quelques jours, nous fait voyager des douces collines normandes aux marécages de la Baie de Somme en passant par les falaises crayeuses du pays de Caux... et plus que tout, le bonheur de l'avoir accompli à deux.      


Par drouault
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Qui sommes-nous ?

Mayennais, Français, Européens... ou citoyens du monde ? Lire la suite...

Béatrice Lancien et Dominique Rouault

Vivez l'aventure avec nous

L'aventure continue avec un diaporama... 

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  • Le 11 mai 2012 à Fougerolles du Plessis  
  • Le 9 mars 2012 à St Denis de Gastines 
  • Le 27 janvier 2012 à St Thomas de Courceriers
  • Le 7 octobre 2011 à Grazay


affiche

 

Ouest-France écrit... 

 

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  • Le 6 juin 2012 à St Martin de Connée
  • Le 8 avril 2011 à Bais

 

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Présentation

  • : De Bais au Cap Nord à vélo
  • De Bais au Cap Nord à vélo
  • : Toujours plus... loin ! Sur deux tricycles couchés jumelés en tandem, nous partons le 1er mai 2010 pour quatre mois de voyage. De Bais en Mayenne, au Cap Nord, à l'extrême nord de l'Europe, nous allons ainsi parcourir 4400 km, puis revenir par la Finlande.
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